12/03/20263 min de lectureMULTI

La nisba et les origines de la famille Skiredj

Sīdī Muḥammad Errāḍī Guennūn

Skiredj Library of Tijani Studies

La famille Skiredj, originaire d’Andalousie, s’installa au Maroc dès le Xe siècle de l’Hégire. Elle tire son nom de la région de "Shkirj" près de Grenade, nom qui fait référence à une montagne froide couverte de neige tout au long de l’année. La famille s’est établie dans plusieurs villes marocaines telles que Rabat, Fès, Tanger et Tétouan et s’est distinguée en occupant des postes prestigieux sous la confiance des sultans du Maroc, notamment dans la gestion de confréries religieuses importantes.

Les origines de cette famille remontent aux Banou Ansar et à la tribu des Khazraj, avec une filiation directe au noble compagnon Hassan ibn Thabit, poète du Prophète, prière et salut d’Allah sur lui. Il est rapporté que Hassan embrassa l’Islam après avoir été profondément touché par la grandeur du Prophète, qui l’honora et fit de lui son défenseur par la poésie. La famille Skiredj a hérité de cette noble distinction et s’est distinguée dans les domaines de la science et de la littérature, fière de son appartenance arabe ancestrale et de son lien intime avec l’histoire islamique.

Au fil des siècles, la famille Skiredj a donné naissance à des érudits éminents, des mystiques, des écrivains et des historiens. Parmi eux, quatre figures illustres témoignent de la profondeur et de l’authenticité de cette lignée. Le premier est le poète et écrivain (et ministre) Mohammed Ben Taïb, qui incarne la noblesse des valeurs et une personnalité remarquable, écrivain du sultan Sidi Mohammed Ben Abdellah Al-Alaoui.

Vient ensuite l’ingénieur Zoubeir Ben Abd Al-Wahab, qui fit ses études en sciences modernes en Angleterre avant de retourner au Maroc pour servir son pays en occupant des postes diplomatiques et militaires importants, contribuant ainsi à la création et au développement de divers projets nationaux. Le savant Abdel Salam Ben Ahmed, historien et jurisconsulte, a pour sa part immortalisé l’histoire de Tétouan dans un ouvrage unique qui rassemble les événements et personnalités de cette ville.

À cet héritage familial glorieux s’ajoute le rôle d’Al-Makki Ben Al-Barnoussi Skiredj dans le commandement de l’armée marocaine après la défaite de Tétouan, une mission que lui confia le sultan Moulay Mohammed Ben Abd Al-Rahman Al-Alaoui, après avoir observé la situation dégradée du Maroc suite à sa défaite face à l’armée espagnole lors de cette guerre malheureuse. Ce legs de la famille Skiredj s’est transmis de génération en génération, accompagné de la bénédiction et de la prière du Prophète pour leur protection et leur salut, un honneur dont la famille s’enorgueillit.

Dans ce contexte, il convient de mentionner cet honneur particulier qui est une source de joie pour la famille Skiredj : la prière du Prophète, paix et salut sur lui, en leur faveur. Cela fut rapporté par le savant Sidi Ahmed Ben Al-Hajj Al-Ayachi Skiredj dans son ouvrage Tanbih al-Ikhwan. Il raconte que Sayyida Ruqayya, fille de leur frère maternel Sidi Mohammed (al-Laban) Skiredj, vit le Prophète en rêve, lui demanda une prière de bénédiction, et il pria pour elle en disant : « Ô Allah, accorde-lui le salut ainsi qu'à tous les enfants de Skiredj. » Il lui conseilla ensuite de dire : « Mohammed m’a illuminée. Allah. Allah. Mohammed éclaire mes yeux. Allah. Allah. » Elle répéta ces mots jusqu’à son réveil. Nous louons Dieu pour l’inclusion de cette prière en notre faveur et Le remercions pour Sa bienveillance à notre égard. (Fin de citation de Tanbih al-Ikhwan).