12/03/20263 min de lectureMULTI

Quelques mots sur les principaux ouvrages de la voie tijanie, dont ceux de Sīdī Aḥmad Skiredj

Sīdī Muḥammad Errāḍī Guennūn

Skiredj Library of Tijani Studies

(par le professeur Mohammed Erradi Guennūn Al-Idrissi Al-Hassani)

Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Dieu, et que la paix et les bénédictions soient sur notre maître Mohammed, l’Ouvreur, le Sceau, le Victorieux, le Guide, ainsi que sur sa famille et ses compagnons.

Les trois ouvrages fondamentaux de la voie tijane rédigés durant la vie de notre maître Cheikh, que Dieu soit satisfait de lui, sont Jawahir al-Ma’ani (Les Perles des Significations), Al-Jami’ (Le Recueil) et Rawd al-Muhib al-Fani (Le Jardin de l’Amant qui se Dissout). La majeure partie de ces œuvres a été rédigée dans le désert, entre Abi Samghoun, Chellala et Aïn Madhi, avec peu d’écrits réalisés à Fès.

La voie tijane a vu sa lumière briller pour la première fois en 1196 H à Abi Samghoun, alors que notre maître Cheikh avait 46 ans. Ainsi, il apparaît que le Cheikh a dirigé sa voie pendant 34 ans, dont 17 ans dans le désert et les 17 années suivantes à Fès, la capitale scientifique et administrative du Maroc.

Ces ouvrages majeurs de la voie ont été rédigés dans la première moitié de cette période, avant son installation à Fès en 1213 H. Quelques rares fragments ont été écrits à Fès, mais l'essentiel du patrimoine de la voie a été produit durant la période désertique, même si tout n’a pas été consigné, comme le mentionne le noble Sidi Al-Haj Ali Harazim dans Jawahir al-Ma’ani, où il indique que ce qu’il a omis représente une petite part de ce qu’il aurait pu inclure.

Cependant, il existe une différence marquée entre la période du désert et celle passée à Fès. La période de Fès a été celle de la grande gloire de notre maître, puisqu’il y accéda au rang de pôle suprême et de sceau caché. Toutefois, aucune œuvre n’a été consignée durant cette période dorée, car les grands compagnons capables de le faire, comme Sidi Al-Haj Ali Harazim Barada, décédé en 1218 H, ou le célèbre Sidi Mohammed Ben al-Mashri al-Sibai, décédé en 1224 H, avaient quitté ce monde.

À ce sujet, l'érudit Sidi Ahmed Skiredj écrit : "Si la vie de Sidi Al-Haj Ali Harazim avait été prolongée de dix ans, et s’il était resté auprès de notre maître à Fès, il aurait consigné des enseignements et des connaissances qui dépasseraient l’entendement humain." Il ajoute qu’il y a eu un certain relâchement de la part de certains savants qui, par pudeur ou ignorance, n'ont pas consigné les discours et conseils de notre maître durant cette période.

Durant ces années passées à Fès, notre maître était dans un état d’intense activité scientifique, comme le relate Sidi Mohammed Al-Hajouji Al-Hassani dans It-haf Ahl al-Marateb al-‘Irfaniya, évoquant un disciple du Cheikh qui disait : « Notre maître nous livrait tant de connaissances que je me sentais submergé par leur profondeur. »

Le seul ouvrage écrit durant cette dernière période est Al-Ifada al-Ahmadiya, par le noble Sidi Al-Tayeb al-Sufyani, bien qu’il ne soit pas à la hauteur des trois premiers ouvrages.

Un dernier point à noter : Sidi Mohammed Al-Hajouji avait rédigé un ouvrage rassemblant les fatwas et enseignements du Cheikh à Fès. Malheureusement, ce manuscrit a disparu après avoir été exposé lors du premier congrès de la voie tijane à Fès en 1983.