Skiredj Library of Tijani Studies
Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux. Qu’Allah envoie bénédictions et paix sur notre maître Muhammad, sur sa famille et sur ses compagnons.
Sidi Ahmed ibn al-Ayashi Skiredj fut l’un des plus éminents savants marocains de l’époque moderne et l’une des grandes figures intellectuelles et spirituelles de la voie tijânî. Il fut juge, juriste, homme de lettres, historien, poète, maître soufi, et auteur prolifique, dont l’héritage continue de façonner, jusqu’à aujourd’hui, l’érudition tijânî. Sa vie réunit savoir, discipline spirituelle, service public, éclat littéraire et dévotion indéfectible à la défense et à la transmission de la tradition tijânî.
Cette biographie encyclopédique présente une introduction complète à son ascendance, sa famille, son éducation, sa formation, sa carrière, son engagement dans la voie tijânî, ses écrits, ses élèves, ses enfants et son héritage durable.
Qui était Sidi Ahmed Skiredj ?
Sidi Ahmed ibn al-Ayashi Skiredj était un grand savant marocain qui vécut entre 1295 H / 1878 et 1363 H / 1944. Il naquit à Fès, fut élevé dans une famille connue pour son érudition et sa noblesse, formé par les maîtres éminents d’al-Qarawiyyin, puis servit dans plusieurs charges judiciaires et administratives importantes à travers le Maroc.
Il devint l’un des savants les plus influents de la voie tijânî, non seulement par son engagement personnel et sa formation spirituelle, mais aussi par l’immensité de sa production littéraire. Il composa plus de deux cents ouvrages en droit, littérature, soufisme, histoire, biographie, théologie, poésie et doctrine tijânî. Il fut aussi l’un des plus éminents défenseurs de la voie tijânî contre l’incompréhension, la déformation et l’attaque.
Noble ascendance et origines familiales
La famille Skiredj fait remonter ses origines à l’Andalousie, d’où elle émigra et s’établit au Maroc au Xe siècle de l’Hégire. Le nom de famille est lié à la région de Shkirj près de Grenade. Selon la mémoire familiale, ce nom renverrait à une montagne froide sur laquelle la neige demeurait tout au long de l’année.
Avec le temps, la famille se répandit dans les principales villes marocaines telles que Rabat, Fès, Tanger et Tétouan, où elle se fit connaître par le savoir, la dignité, le service public et la confiance que lui accordaient les souverains marocains. Des membres de la famille occupèrent des positions respectées et se virent confier d’importantes responsabilités religieuses et administratives, notamment la supervision d’institutions spirituelles majeures.
La lignée des Skiredj remonte aux Ansâr, plus précisément à la tribu des Khazraj, et plus précisément encore au noble Compagnon Hassan ibn Thabit, le célèbre poète du Prophète Muhammad, que la paix et la bénédiction soient sur lui. Cette filiation revêtait une signification profonde pour la famille, qui y voyait à la fois un héritage arabe et un héritage littéraire, lié à l’éloquence, à la dévotion et au service de l’islam.
La famille conserva également des récits d’une bénédiction particulière qui leur serait liée par une invocation rapportée du Prophète, que la paix et la bénédiction soient sur lui, comme le cite Sidi Ahmed Skiredj dans l’un
de ses ouvrages.Cela était considéré par la famille comme une marque d’honneur et un motif de gratitude envers Allah.
Une famille de savants, d’hommes d’État et de serviteurs du bien public
La famille Skiredj a, au fil des générations, donné naissance à de nombreux hommes de distinction. Parmi les figures marquantes mentionnées dans son héritage, on compte :
Mohammed ibn al-Tayyib Skiredj, poète, écrivain et ministre, qui servit le sultan Sidi Mohammed ibn Abdallah.
Zoubeir ibn Abd al-Wahab Skiredj, ingénieur formé en Angleterre, qui servit par la suite le Maroc dans des fonctions diplomatiques et militaires et contribua à des projets nationaux.
Abdel Salam ibn Ahmed Skiredj, juriste et historien, auteur d’une importante histoire de Tétouan.
Al-Makki ibn al-Barnoussi Skiredj, à qui fut confiée la direction de l’armée marocaine après la défaite de Tétouan.
Cet arrière-plan aide à comprendre le milieu dans lequel Sidi Ahmed Skiredj fut élevé. Il ne sortit pas d’un foyer ordinaire, mais d’une famille où la religion, le service, le raffinement et la responsabilité publique étaient déjà profondément enracinés.
Son grand-père et ses parents
Son grand-père
Le grand-père de Sidi Ahmed Skiredj fut un contemporain du Sīdī Aḥmad al-Tijānī, bien qu’il fût trop jeune pour recevoir directement de lui. Après le décès du Cheikh, il prit le wird auprès de grands représentants autorisés de la Voie. Il était connu pour sa dévotion, son rappel d’Allah et sa constance dans la prière. Il est rapporté qu’il récitait Salat al-Fatih plus de trois mille fois par jour jusqu’à sa mort.
Son père : al-Hajj al-Ayashi Skiredj
Son père, al-Hajj al-Ayashi Skiredj, fut gardé en mémoire comme un homme pieux, courageux et droit. Il combattit vaillamment lors de la guerre de Tétouan et conserva ensuite son fusil comme un précieux signe de ce service. Il était aussi connu pour la récitation régulière des Dala’il al-Khayrat et pour une rencontre spirituelle au cours de laquelle il vit le Sceau de la Prophétie. Dans les dernières années de sa vie, il demeura constant dans la prière, le rappel et l’adoration jusqu’à son décès en 1328 AH.
Sa mère : Lady Farouh al-Tazi
Sa mère, Lady Farouh al-Tazi, était connue pour sa piété, sa pureté, sa charité, son hospitalité, sa belle moralité et l’éducation morale attentive de ses enfants. Elle était dévouée à la prière et au rappel, et elle incarnait la chasteté, la générosité et le service. Sa mort en 1345 AH affecta profondément son fils, qui la pleura dans une poésie venue du cœur, révélant la profondeur de son amour et de son chagrin.
Les frères de Sidi Ahmed Skiredj
Sidi Ahmed Skiredj provenait d’une famille nombreuse et active. Parmi ses frères figuraient :
1. Sidi Mohammed Skiredj, connu sous le nom de Sidi Mohammed al-Labban
On le surnommait al-Labban en raison de son commerce de produits laitiers. Il mourut près de Fès le 28 octobre 1934 et fut enterré au cimetière de Jabal Zaafaran. Il fut ensuite loué dans une élégie pour son courage et son intégrité.
2. Sidi Mohammed Hammad ibn al-Hajj al-Ayashi Skiredj
Il étudia à Fès, travailla comme rédacteur au service de ministres marocains et composa plusieurs ouvrages, dont une histoire de Tanger en plusieurs volumes et d’autres écrits sur l’histoire du Maroc. Il était aussi connu pour des visions lumineuses du Prophète, paix et bénédictions sur lui. Il mourut en 1965 et fut enterré dans le mausolée de Sidi Bouaraqia à Tanger.
3. Abdelwahab Skiredj
Il excella dans le commerce, représenta une entreprise américaine et introduisit au Maroc des machines à coudre et à broder. Il était profondément attaché à la voie tijanie et mourut en 1927 à l’âge de quarante-six ans.
4. Mohammed Skiredj
Il mourut jeune, après une brève maladie, en 1324 AH. Il laissa un manuscrit intitulé Precious Jewels, contenant des conseils et des enseignements destinés à ses contemporains.
5. Abd al-Khaliq Skiredj
Il assista son frère Ahmed dans l’administration des biens de mainmorte religieux à Fès. Il était dévoué à la voie tijanie et mourut en 1943, durant les années difficiles marquées par les conséquences plus larges de la Seconde Guerre mondiale.
6. Abd al-Rahman Skiredj
Né à Fès en 1898, il étudia le Coran, apprit ensuite le français durant la période du Protectorat, séjourna un temps à Tanger, reprit ses études à al-Qarawiyyin et travailla aux côtés de son frère dans l’administration des habous. Il participa également à une mission diplomatique dirigée par Sidi Ahmed. Plus tard, il œuvra dans la santé publique et l’immobilier, et connut un succès particulier à Settat, où une rue finit par porter son nom en reconnaissance de son service et de sa générosité.
Naissance et éducation
Sidi Ahmed Skiredj naquit à Fès au milieu de Rabi al-Thani 1295 AH, correspondant à avril 1878 de l’ère chrétienne. Il grandit dans l’un des grands foyers savants du Maroc, entouré d’hommes de religion, de lettres et d’histoire. Cette atmosphère laissa une empreinte profonde sur sa personnalité et sa formation.
Son père supervisa sa première éducation et lui accorda une attention particulière en raison de son intelligence, de sa vivacité d’esprit et de ses promesses. Dès son jeune âge, il fut orienté vers les sciences de la religion et de la langue, et il en vint à maîtriser les disciplines enseignées à al-Qarawiyyin, le célèbre centre du savoir de Fès.
Études et formation intellectuelle
Sidi Ahmed Skiredj étudia auprès d’un groupe d’élite de savants liés à al-Qarawiyyin. Parmi les maîtres mentionnés dans sa formation figurent :
Abdullah al-Badrawi
Abdulmalik al-Alawi
al-Habib al-Dawudi
Il excella dans un large éventail de sciences, notamment :
études coraniques
hadith
biographie prophétique
jurisprudence
grammaire arabe
langue
prosodie
littérature
poésie
soufisme
Cette vaste formation aide à expliquer la diversité de ses écrits ultérieurs. Il ne fut pas simplement un spécialiste d’un seul domaine. Il s’inscrivait dans le modèle classique du savant dont l’apprentissage embrasse à la fois le droit, la langue, la spiritualité, la littérature et l’histoire.
Caractère personnel
Ceux qui décrivirent Sidi Ahmed Skiredj le présentèrent comme un homme d’un équilibre remarquable. Il était connu pour :
sa piété et sa dévotion
son humilité
sa gratitude et son contentement
sa véracité et son sérieux moral
son courage à défendre ce qu’il jugeait juste
le fait d’ordonner le bien et d’interdire le blâmable
une parole douce
un humour raffiné
une force intérieure
un sourire qui dissimulait la douleur
Il n’était pas porté à l’ostentation, à l’arrogance ou à la prétention.Même la maladie ne l’empêcha pas de servir la religion, la société et la patrie. Il souffrait de diabète, mais poursuivit son travail et son enseignement avec persévérance.
Mariage et vie familiale
Sidi Ahmed Skiredj se maria plus d’une fois.
Son premier mariage eut lieu en 1902, avec Fatima, fille de Sidi al-Makki ibn Chekroun. Ils eurent un fils, Abdelkrim. La naissance fut marquée par l’épreuve : l’enfant tomba gravement malade et son épouse connut de grandes difficultés lors de l’accouchement.
En 1909, il s’installa à Tanger pour travailler à Dar al-Niyaba, mais il s’adapta mal à l’atmosphère de la ville et la quitta au bout de peu de temps.
En 1910, il se remaria à Tétouan, avec la fille de son oncle. De cette union il eut un fils nommé Mohammed, mais le mariage se termina par un divorce, à la demande de son beau-père.
Ses enfants
Sidi Ahmed Skiredj laissa trois enfants :
Abdelkrim ibn Ahmed Skiredj
Né en 1322 H à Fès, Abdelkrim était connu pour sa sincérité, sa générosité, sa bonne humeur, sa dignité et son raffinement artistique. Comme il voyageait avec son père à travers le Maroc, il reçut une formation soignée en arabe et en français, et développa un goût pour l’art et la calligraphie. Il s’éteignit à Casablanca en 1403 H, à l’âge de quatre-vingt-un ans, et laissa neuf enfants.
Mohammed ibn Ahmed Skiredj
Né à Tétouan en 1329 H, il fut élevé sous la garde de son grand-père Zubair Skiredj. Il mémorisa le Coran et excella dans les sciences de la langue avant d’étudier la médecine à Grenade. Il exerça ensuite la médecine à Tétouan et rédigea des ouvrages médicaux, dont des livres sur l’enfance et le diabète. Il s’éteignit en 1421 H et laissa deux fils.
Mariam bint Ahmed Skiredj
Née à El Jadida en 1346 H, elle était la benjamine et l’unique fille. Elle épousa Mohammed al-Kabir al-Glaoui et vécut à Rabat jusqu’à son décès en 1436 H. On se souvenait d’elle pour sa piété, son humilité, sa générosité et son attachement aux valeurs islamiques. Elle laissa cinq enfants.
Carrière dans les fonctions publiques et le service judiciaire
Sidi Ahmed Skiredj ne demeura pas cantonné aux livres et à la dévotion privée. Il occupa aussi plusieurs fonctions officielles importantes, notamment :
Superviseur des habous de Fès al-Jadid
Juge à Oujda
Membre de la Cour suprême à Rabat
Juge à El Jadida
Juge à Settat
Il avait également travaillé auparavant comme secrétaire du Pacha de Tanger.
En 1919, il fut nommé juge à Oujda, mais demanda par la suite à être déchargé de cette fonction, estimant que la vérité et la vertu n’y recevaient pas l’appui convenable. Il passa ensuite par d’autres postes, notamment à Rabat, El Jadida et Settat. Il demeura juge à Settat jusqu’à une période proche de la fin de sa vie.
Ces charges publiques montrent qu’il était à la fois un savant de la zawiya et un homme engagé dans l’administration concrète de la justice et des affaires de la communauté.
Ses voyages et missions diplomatiques
Sidi Ahmed Skiredj entreprit également d’importants voyages, dont certains devinrent le sujet de ses écrits.
Parmi les plus célèbres figurent :
Le voyage à Meknès
Il y rencontra Moulay Abd al-Rahman Ben Zidan, et il consigna ensuite ce voyage dans al-Rihla al-Zaydaniyya.
Le voyage à Oran
Il se rendit à Oran à l’invitation de son ami Sidi al-Habib ibn Abdelmalek, et le documenta dans al-Rihla al-Habibiyya al-Wahraniyya.
Le voyage avec Sidi Mahmoud al-Tijani
Il accompagna Sidi Mahmoud al-Tijani, un descendant du Sīdī Aḥmad al-Tijānī, lors d’un voyage à travers plusieurs villes marocaines. Il écrivit ensuite à ce sujet Ghayat al-Maqsud bi al-Rihla ma‘a Sidi Mahmoud.
La mission du Hijaz
Le gouvernement marocain le choisit pour le représenter dans une mission de félicitations au roi Hussein à l’occasion de l’indépendance du Hijaz. Il consigna ce voyage dans al-Rihla al-Hijaziyya.
Ces voyages révèlent une autre facette de sa personnalité : il n’était pas seulement un savant enraciné à Fès, mais aussi un observateur de la société, un homme de lettres, et un acteur de réseaux religieux et politiques plus larges.
Son entrée dans la voie tijâniyya
Les racines de l’attachement de Sidi Ahmed Skiredj à la voie tijâniyya remontent à l’enfance. Il avait l’habitude d’accompagner son grand-père Sidi Abd al-Rahman Skiredj à la prière du Maghrib et à la récitation de la Wazifa dans la Grande Zawiya de Fès. Après la mort de son grand-père en 1311 H, il continua de visiter la zawiya avec son père. Ainsi, il grandit non pas simplement auprès de savants, mais au sein d’un milieu tijâni vivant.
Il entra formellement dans la voie tijâniyya en 1315 H, à l’âge de vingt ans, par la main de Sidi M’hammed Guennūn.
Plus tard, il renouvela son engagement auprès de grands savants tels que :
Moulay Abdelmalik al-Alawi
Moulay Abdullah al-Badrawi
En 1316 H, il reçut une ijâza générale du noble Moulay Ahmed al-Abdellawi, l’une des figures les plus importantes de son cheminement spirituel. De lui, il reçut des enseignements, des secrets et une orientation profonde. Un lien puissant d’amour spirituel et de fraternité se développa également entre lui et le fils d’al-Abdellawi, Sidi Mohammed.
La chaîne d’or de la transmission
La chaîne spirituelle de Sidi Ahmed Skiredj dans la voie tijâniyya est connue sous le nom de Chaîne d’or, en raison de l’élévation de sa transmission. Selon les éléments fournis, elle le relie au Sīdī Aḥmad al-Tijānī par :
Sidi al-Hajj Ali al-Tamassini
Sidi Ahmed al-Abdellawi
Cette chaîne, élevée et respectée, conféra à son autorisation un poids particulier dans les milieux tijânis et ancra son érudition dans une lignée de transmission reconnue.
Ses premiers grands écrits sur la voie tijâniyya
En 1318 H, Sidi Ahmed Skiredj composa l’un de ses premiers grands livres sur la voie tijâniyya :
Al-Kawkab al-Wahhaj li-Tawdih al-Minhaj
L’Étoile rayonnante pour clarifier la Voie
Il le fit suivre plus tard de :
Kashf al-Hijab
La Levée du voile
Ces ouvrages contribuèrent à établir sa renommée auprès des savants et des soufis. Dès lors, il fut largement connu comme l’une des grandes voix littéraires et l’un des défenseurs doctrinaux de la voie tijâniyya.
Son amour pour la voie tijâniyyaLa relation de Sidi Ahmed Skiredj à la voie tijâni n’avait rien de sec ni de simplement livresque. Elle était remplie d’un amour intense, de loyauté et de dévotion poétique. Il écrivit d’innombrables poèmes faisant l’éloge de :
la Grande Zâwiya de Fès
les zâwiyas de Salé, Tétouan et Tlemcen
la voie elle-même
ses maîtres
et, par-dessus tout, le Cheikh Abû al-‘Abbâs Ahmad al-Tijânî
Il composa même des vers sur les murs de la Grande Zâwiya de Fès. Sa production littéraire en louange de la voie tijâni et de son fondateur fut immense, et parmi les œuvres mentionnées figurent :
al-Nafahât al-Rabbâniyya fî al-Amdâh al-Tijâniyya
Hayât al-Qalb al-Fânî fî Madh al-Qutb al-Tijânî
Cette dévotion poétique fut l’un des traits définitoires de son érudition.
Sa défense du soufisme et de la voie tijâni
Sidi Ahmed Skiredj fut l’un des plus importants défenseurs de la voie tijâni en son temps. Il affronta les opposants dans les cercles des mosquées comme par l’écrit, et il rédigea de nombreux ouvrages réfutant les objections et clarifiant les enseignements de la voie.
Parmi les œuvres mentionnées dans cette défense figurent :
Qurrat al-‘Ayn
al-Sirr al-Rabbânî
‘Aqd al-Marjân
al-Sirât al-Mustaqîm
al-Imân al-Sahîh
Kashf al-Balwâ
al-Hijâra al-Muqtiya
Sa défense était enracinée dans la conviction, le savoir et la sincérité. Il la considérait comme partie intégrante de la préservation de l’islam authentique et de la protection des générations futures contre les fausses accusations et la confusion.
Ses maîtres et ses élèves
Sidi Ahmed Skiredj fut façonné par de nombreux maîtres, surtout à Fès et au sein du milieu tijâni. Comme on l’a noté plus haut, parmi ses maîtres figuraient de grands savants d’al-Qarawiyyîn et des maîtres de la voie, en particulier Moulay Ahmed al-Abdellawi.
Il devint aussi le maître de nombreux élèves qui héritèrent de lui science, discipline, culture littéraire et connaissance tijâni. Les sources soulignent que beaucoup de disciples furent formés sous sa direction et poursuivirent sa sagesse et son savoir. Son influence éducative s’étendit ainsi au-delà des livres, jusque dans une transmission vivante.
Ses œuvres et son héritage littéraire
Sidi Ahmed Skiredj fut un auteur d’une fécondité extraordinaire. Le texte indique qu’il écrivit plus de 200 œuvres dans de nombreux domaines. Ses livres et écrits couvrent :
la jurisprudence
les lettres et les belles-lettres
le soufisme
la doctrine tijâni
l’histoire
la biographie
la poésie
le récit de voyage
la guidance spirituelle
des réponses à des demandes savantes
des avis juridiques
Ses lettres et ses fatwas devinrent d’importantes références pour les aspirants, les savants et les adeptes de la voie tijâni. Nombre de ses écrits furent composés en réponse à de véritables questions de disciples et d’hommes de savoir, ce qui leur confère une valeur pratique en plus de leur mérite littéraire et spirituel.
Il était aussi célèbre pour sa poésie, et il usa du vers non comme d’un simple ornement, mais comme d’un véhicule d’enseignement, d’éloge, de défense, de rappel et de biographie.
Son style et son tempérament d’auteur
Sidi Ahmed Skiredj réunissait plusieurs qualités rares :
un vaste savoir
une mémoire puissante
une élégance littéraire
une conscience historique
une dévotion aux sources
une sensibilité spirituelle
et la capacité d’écrire à travers les genres
Il était à la fois un savant et un styliste. Il pouvait écrire, avec une égale vigueur, en jurisprudence, en biographie, en littérature de voyage, en explication doctrinale, en poésie dévotionnelle et en défense polémique. Cette polyvalence explique pourquoi il demeure un nom si important dans l’histoire intellectuelle marocaine et tijâni.
Ses dernières années et son décès
Sidi Ahmed Skiredj continua d’exercer des fonctions judiciaires, d’écrire, d’enseigner et de défendre la religion malgré la maladie. Le diabète ne l’empêcha pas de poursuivre son œuvre ni de porter les charges du service.
Il s’éteignit en 1363 H / 1944, à Marrakech, après une vie de science, de dévotion et de service public. Au moment de son décès, il était devenu l’une des figures les plus respectées de l’érudition tijâni au Maroc.
Son héritage durable
L’héritage de Sidi Ahmed ibn al-‘Ayashi Skiredj demeure vivant pour plusieurs raisons.
Premièrement, ses livres continuent de servir de références essentielles pour la voie tijâni.
Deuxièmement, sa biographie représente un modèle du savant qui unit science extérieure, discipline intérieure, raffinement littéraire et responsabilité institutionnelle.
Troisièmement, sa défense du soufisme et de la tradition tijâni a laissé une empreinte durable sur les générations ultérieures.
Quatrièmement, ses écrits préservent un vaste trésor d’informations sur l’érudition, la spiritualité et l’histoire marocaines.
Enfin, sa vie continue d’inspirer ceux qui cherchent à conjuguer la piété avec le savoir, et l’érudition avec le service.
Pourquoi Sidi Ahmed Skiredj compte encore aujourd’hui
Pour quiconque fait des recherches sur :
la biographie de Sidi Ahmed Skiredj
les savants tijânis au Maroc
la littérature soufie marocaine
l’histoire de la voie tijâni
les savants d’al-Qarawiyyîn
les livres de Sidi Ahmed ibn al-‘Ayashi Skiredj
il demeure une figure incontournable.
Il se tient non seulement comme un savant de la voie tijâni, mais comme l’un des grands intellectuels marocains de son époque. Son milieu familial, sa formation, sa chaîne spirituelle, son service judiciaire, sa puissance littéraire et l’immensité de son héritage écrit font de lui une personnalité véritablement encyclopédique dans l’histoire de l’érudition islamique.
Conclusion
Sidi Ahmed ibn al-‘Ayashi Skiredj fut un grand juge marocain, savant, poète, historien et guide spirituel, dont la vie fut consacrée au savoir, au service et à la préservation de la voie tijâni. Né à Fès en 1878, formé par une famille noble et par les savants d’al-Qarawiyyîn, engagé tôt dans la voie tijâni et investi de rôles publics majeurs, il produisit une œuvre qui continue d’éclairer la voie des étudiants et des disciples.
Son ascendance lui donna la noblesse, son éducation lui donna la maîtrise, sa voie lui donna l’orientation, et ses écrits lui donnèrent la permanence.XXXXX
À travers ses livres, ses poèmes, ses fatwas, sa correspondance et son service public, il demeure une présence vivante dans l’héritage intellectuel et spirituel du Maroc et du monde tijânî au sens large.
Qu’Allah lui fasse miséricorde, élève son rang et le récompense abondamment pour son service rendu à la religion, au savoir et aux gens de la voie tijânie.